Dimanche 23 août 2009 - Il est 2 h 30 quand le
gardien sonne le réveil d'un bref discours en Suisse Allememand dont
j'ignore toujours le sens !! Rapide préparation et c'est le départ pour
une grande journée. On m'avait parlé du Weisshorn comme une longue
course qui nécessite effort, concentration et aussi un peu de patience.
Quelle expédition ... il faut traverser un glacier, remonter un couloir,
marcher sur une crête, remonter une pente de neige, longer des dalles
rocheuses, escalader 300 m de gradins escarpés pour arriver enfin au pied
de l'arête Est, début des difficultés. Il est 6 h du mat'.
Je me demande souvent quelle passion peut bien nous
pousser à nous lever en pleine nuit, sortir d'un tendre rêve, s'élever
avec effort vers les étoiles, bousculer nos corps et se retrouver entre
ciel et terre comme des funambules sur une arête rocheuse à plus de 4000
m d'altitude. La réponse est dans la question. Les étoiles, les arêtes,
la montagne nous font vivre des moments hors du commun et tout
cela devient comme un énorme engouement dont on ne peut se passer.
Vers 4300 m par manque d'acclimatation, mon rythme
ralentit à la grande surprise de Jeff. On se retourne, on regarde
devant, tout le monde est arrêté. Ca calme un peu l'altitude, hein ? Il
faut reprendre son souffle dans cet air raréfié et pur à la fois. Encore
quelques mètres et nous touchons enfin au but. Je dis souvent la même
chose mais cette fois-ci la vue est vraiment incroyable et du haut de
ses 4506 m, le Weisshorn nous offre un panorama bien plus ouvert que ses
sommets voisins. Nous sommes sur l'un des plus hauts sommets suisse et
l'immense Alpe est un spectacle pendant la demi-heure de pause que nous
nous allouons.